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Certificat de travail en Suisse : contenu, délais et correction

Publié le 04.11.2026 · 5 min de lecture · sources officielles en lien

Après un licenciement, le certificat de travail devient votre carte de visite pour le prochain emploi. La loi vous donne le droit de l'obtenir, et de le faire corriger s'il ne reflète pas la réalité. Voici ce qu'il faut savoir.

Un droit en tout temps

« Le travailleur peut demander en tout temps à l'employeur un certificat portant sur la nature et la durée des rapports de travail, ainsi que sur la qualité de son travail et sa conduite » (art. 330a al. 1 CO). En tout temps signifie aussi pendant le contrat : vous pouvez demander un certificat intermédiaire dès que vous avez reçu votre congé, pour vos candidatures, sans attendre la fin du délai.

Le droit ne s'éteint pas vite : selon le SECO, le délai de prescription est de dix ans à compter de la fin des rapports de travail (FAQ du SECO). Mieux vaut toutefois le demander tant que vos supérieurs se souviennent de votre travail.

Certificat complet ou attestation : à vous de choisir

L'attestation peut être utile si la relation s'est très mal terminée. Mais un futur employeur peut se demander pourquoi l'appréciation manque. Dans la plupart des cas, un certificat complet et juste vaut mieux.

Ce que doit contenir un certificat complet

Selon le SECO, un certificat de travail complet devrait comprendre (source) :

Le portail officiel ch.ch mentionne aussi le taux d'occupation et le motif pour lequel le certificat est établi (ch.ch).

Vrai, complet et bienveillant

Le certificat doit concilier deux exigences : la vérité et la bienveillance. Le SECO précise que les affirmations doivent être véridiques, que la formulation doit être bienveillante « mais dans le respect du devoir de vérité », et que les faits négatifs ne peuvent être mentionnés que s'ils importent pour l'évaluation globale, et non s'il s'agit d'incidents isolés ou de faits anodins (SECO).

Sont notamment proscrits :

Le portail ch.ch ajoute que le certificat ne doit pas mentionner d'épisodes négatifs isolés, comme un retard isolé, et que vous êtes en droit de faire rectifier les imprécisions, erreurs ou indications mensongères (ch.ch).

Faire corriger un certificat

Si votre certificat ne vous convient pas, procédez par étapes :

  1. Relisez-le à froid, phrase par phrase. Repérez les erreurs de fait (dates, fonctions, taux), les tâches importantes oubliées, les appréciations trop faibles ou absentes, les formulations ambiguës.
  2. Rassemblez vos preuves : évaluations annuelles, objectifs atteints, e-mails de félicitations, certificat intermédiaire antérieur plus favorable.
  3. Écrivez à l'employeur en listant chaque point et en proposant une nouvelle formulation. Proposer le texte facilite souvent l'accord.
  4. Sans réponse ou en cas de refus, la rectification peut être demandée devant l'autorité de conciliation de votre canton. Pour un litige de travail jusqu'à CHF 30'000, il n'y a pas de frais judiciaires (art. 113 et 114 CPC).

Attention à la preuve : selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, si vous demandez une appréciation plus élogieuse que celle de l'employeur, vous devrez en principe démontrer qu'elle correspond à la réalité. Les pièces écrites sont donc décisives.

Exemple. Le certificat de Claire, assistante de direction pendant six ans, ne mentionne ni la gestion du budget du département qu'elle a assurée pendant trois ans ni son comportement envers sa hiérarchie. Elle écrit à son ancien employeur en demandant d'ajouter ces deux éléments et joint ses évaluations annuelles, qui la qualifient de « très fiable ». Elle propose une formulation précise pour chaque point.

Licenciement et certificat : les questions qui reviennent

Le motif du licenciement doit-il figurer ?

Le motif de fin des rapports de travail est souvent mentionné, mais le certificat doit rester bienveillant. Un licenciement économique peut être indiqué de façon neutre ; un conflit ne doit pas transformer le certificat en réquisitoire. Si vous préférez qu'aucune appréciation ne figure, vous pouvez demander une simple attestation.

Ma maladie peut-elle être mentionnée ?

Les informations sans lien direct avec les rapports de travail sont illicites selon le SECO. Une maladie n'a en principe pas à figurer, sauf circonstances particulières, par exemple si elle a duré une grande partie du contrat (Guide social romand).

L'employeur peut-il dégrader mon certificat après mon licenciement ?

Le certificat final doit refléter l'ensemble de la relation de travail, pas seulement les dernières semaines. Un certificat intermédiaire très positif, établi peu de temps avant, est un argument de poids si le certificat final devient soudain sévère.

Le bon moment pour le demander

Demandez un certificat intermédiaire dès la réception du congé, puis le certificat final pour le dernier jour de travail. Les deux vous seront utiles : le premier pour postuler pendant le délai de congé, comme l'attend l'assurance-chômage, le second pour la suite de votre parcours.

Une lettre claire, avec les bons articles

Demande de certificat complet, intermédiaire ou d'attestation, ou correction point par point : la lettre est rédigée à partir de vos informations.

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Information juridique générale. MonLicenciement explique le droit suisse du travail privé (Code des obligations) à partir de vos réponses. Ce n'est pas un conseil d'avocat et cela ne remplace pas l'examen de votre contrat, de votre convention collective éventuelle et de vos pièces par un professionnel. Les employés de la fonction publique (Confédération, cantons, communes) sont soumis à des règles propres.

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